8.30.2016

Un chercheur veut confirmer la probable découverte d'un broch de l'âge du fer par la première femme archéologue d'Ecosse

Le Dr Murray Cook a lancé une campagne de financement participatif  (avec succès) afin de pouvoir déterminer si la première femme archéologue d'Ecosse, Christian Maclagan, avait bien raison au sujet de Stirling. En effet, elle affirmait que la ville avait son propre broch (construction en forme de tour ronde et creuse) de l'âge du fer.

Broch de Dun Telve près de Glenelg. Image: Wojsyl (CC BY-SA 3.0)

Sa découverte faite en 1870, et potentiellement importante, fut ignorée en son temps; le site qu'elle avait identifié ne fit pas l'objet de fouille et fut finalement oublié... tout cela parce qu'elle était une femme.

En effet, le sexisme de l'époque était tel que son premier article clé a été lu seulement après avoir été transcrit par un homme, et on lui refusa le droit d'être membre à part entière de la Société des Antiquaires d'Ecosse (Society of Antiquaries of Scotland). Comme l'explique le Dr Cook "elle ne pouvait pas devenir un membre car elle n'était pas un homme".


La localisation du site

Après avoir étudié les archives de Maclagan entreposées au British Museum, le Dr Cook pense avoir identifié la localisation du site.

Intérieur d'un broch. source: digventures.

Sur l'un des deux endroits possibles, Cook a découvert qu'il était associé à une meule rotative non achevée, datant de la fin de l'âge du fer. De plus, un récent glissement de terrain a révélé une grande partie d'une maçonnerie horizontale en pierre sèche.

Le Dr Cook et son équipe ont donc lancé une campagne de financement participatif afin de pouvoir mener des fouilles sur 4 jours. Ils espère ainsi confirmer la présence du broch.

Broch Mousa dans les Shetland. Image: Otter (CC BY-SA 3.0)

Un Broch ?

les brochs sont des structures écossaises en forme de tour vieilles d'environ 2000 ans. Bien qu'on les trouve à travers tout le pays, elles se concentraient à l'origine le long de la côte atlantique écossaise; ce sont tous des bâtiments à double parois avec parfois plusieurs étages, pièces et galeries.


En savoir plus sur le projet en cours:


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8.25.2016

Un fromage vieux de 340 ans découvert sur le site de l'épave du Kronan

Des plongeurs explorant le Kronan, l'épave d'un navire de guerre suédois qui coula en 1676, ont trouvé récemment des pièces en or, une bague avec un diamant et ce qu'ils pensent être un gros morceaux de vieux fromage particulièrement odorant.

Ils ont découvert qu'un pot d'étain noir contenait une épaisse substance gluante qui pourrait être du fromage.

 Le pot de "fromage".  Lars Einarsson/Kalmar County Museum 


"C'est une assez bonne supposition de dire que c'est un produit laitier, et nous pensons que c'est du fromage" rapporte le chercheur Lars Einarsson du Kalmar County Museum, "Il ressemble un peu à une sorte de fromage comme du Roquefort granulaire. Il était enfoui dans la boue, il est donc assez bien conservé, mais en même temps, il a passé 340 ans au fond de la mer..."


Le Stora Kronan coula aux cours d'une d'explosion lors d'une bataille contre les forces danoises et néerlandaises le 1er juin 1676. Une quarantaine d'homme survécurent, mais près de 800 perdirent la vie.

  Une bague en or découverte dans l'épave du Kronan.  Lars Einarsson/Kalmar County Museum

 Les chercheurs ont récupéré de nombreuses informations sur le site de l'épave, en trouvant près de 20000 objets en lien avec le bateau depuis sa découverte en 1980.

Des pièces en or trouvées sur le site.  Lars Einarsson/Kalmar County Museum 

Une fois que le fromage sera correctement analysé, ils espèrent obtenir plus d'informations sur la vie à bord d'un bateau au 17ème siècle.

Merci à Audric pour l'info !

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8.21.2016

L'analyse des pointes de flèche montre que l'île de Pâques n'a pas été détruite pas la guerre

L'analyse d'artéfacts trouvés sur les rives de Rapa Nui (île de Pâques), dont on pensait qu'ils étaient utilisés comme pointes de flèche, a révélé que ces objets étaient probablement plutôt des outils.

Cela apporte la preuve contraire à la croyance largement répandue que cette ancienne civilisation a été détruite par la guerre.

D'après Carl Lipo, professeur d'anthropologie à l'Université de Binghamton et chef de l'étude, l'histoire traditionnelle sur Rapa Nui affirme que les habitants, avant l'arrivée des européens, étaient à cours de ressources et que cela engendra d'importantes luttes qui ont conduit à l'effondrement de leur société.

L'un des éléments de preuve utilisés pour supporter cette théorie étaient les milliers d'objets triangulaires en obsidienne découverts à la surface, appelé mata'a. En raison de leur grand nombre et comme ils étaient fait de verre tranchant, beaucoup on cru que ces mata'a étaient des armes de guerre utilisées par les anciens habitants de l'île.
Images de différents mata'a. Photo: Carl Lipo, Binghamton University

Lipo et son équipe ont analysé la variabilité des formes de plus de 400 photos de mata'a trouvés sur l'île, en utilisant la morphométrie. Cette technique leur a permis de caractériser les formes de manière quantitative.

En se basant sur la grande variabilité des formes de ces objets et sur leur différence avec les d'autres armes traditionnelles, l'équipe en a conclu que les mata'a n'avaient pu être utilisés dans les conflits, car cela aurait fait des armes de piètre qualité.

"Nous avons découvert que lorsque l'on regarde la forme de ces objets, ils ne ressemblent pas du tout à des armes" rapporte Lipo, "lorsqu'on les compare aux armes européennes ou aux armes trouvées n'importe où ailleurs dans le monde utilisées pour la guerre, leurs formes sont très systématiques. Elles doivent être très efficaces au risque d'être tué."

"On peut utiliser n'importe quoi comme pointe. Tout ce que l'on a peut être une arme. Mais dans des conditions de guerre, les armes doivent avoir des caractéristiques performantes. Et elles doivent être soigneusement façonnées à cet effet, car cela importe. On peut couper quelqu'un avec un mata'a, mais la blessure ne sera jamais mortelle".

Selon Lipo, cette preuve supporte fortement l'idée que l'ancienne civilisation n'a jamais connu ces combats ou guerres souvent théorisés. Et la croyance que les mata'a étaient des armes utilisées lors de l'effondrement de la civilisation est une interprétation européenne tardive des données, et non un fait archéologique réel. "Ce que les gens pensent traditionnellement à propos de l'île est qu'elle est l'île de la catastrophe et de l'effondrement, or cela n'est pas vrai dans un sens pré-historique. Les populations ont prospéré et vécu durablement sur l'île jusqu'au contact avec les Européens." ajoute-t-il.

Lipo et son équipe pensent que les mata'a se trouvent partout dans le paysage car  ils étaient en réalité des outils utilisés dans des tâches rituelles comme le tatouage ou dans des activités domestiques comme la récolte de plantes. "Nous avons essayé de mettre l'accent sur les petits morceaux de preuve individuels qui soutiennent le récit de l'effondrement afin de démontrer qu'il n'y a vraiment rien qui soutienne cette hypothèse. Ces éléments sont un pilier d'une étude plus large soutenant le fait qu'il s'agit d'une société étonnante qui a vraiment réussie.
Ça ne ressemble pas à de la réussite parce que nous voyons des champs de pierres, nous pensons à une catastrophe, mais en fait, c'était réellement de la productivité."

L'article "Weapons of war ? Rapa Nui mata'a 1 morphometric analyses" a été publié dans la revue Antiquity.

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8.13.2016

Des vestiges royaux découverts à Tintagel, lieu de naissance du Roi Arthur selon la légende

Les archéologues sont entrain d'investir une mystérieuse implantation côtière, dont ils pensent qu'elle aurait pu être la maison de la royauté britannique post-romaine, à Tintagel dans les Cornouailles, lieu de naissance, selon la légende, du Roi Arthur.

Les chercheurs espèrent découvrir si Tintagel était le site d'une implantation marchande ou d'un centre en plein essor politique entre le 5ème et 7ème siècle, à la fin du règne Romain en Angleterre. Credit: Emily Whitfield-Wicks/English Heritage

Des centaines de morceaux de poterie, que n'utilisaient que des personnes de statut élevé, et du verre ont été trouvés sur le site, situé sur la côte sud-ouest de l'Angleterre. Les chercheurs rapportent que le promontoire aurait été occupé du 5ème au 7ème siècle, probablement par les rois de Domnonée, un royaume britannique natif de l'ouest de l'Angleterre au cours du Haut Moyen Âge après la fin du règne romain.

"C'est la période que nous avons coutumes d'appeler l'Âge des Ténèbres, mais nous évitons désormais ce terme" rapporte le directeur du projet Win Scutt, "mais si nous devions l'appeler l'Âge des Ténèbres, alors ce serait la partie la plus sombre".

Scutt, conservateur régional pour l'English Heritage, rapporte que plus de 200 pièces de poterie importées de Méditerranée et de verre raffiné ont été trouvés au cours des dernières fouilles sur le site qui ont duré plus de trois semaines en juillet et août.

Ces récentes découvertes suggèrent que le site fut à un moment donné une implantation de haut rang liée au commerce avec la région de l'est de la Méditerranée, à cette époque, siège de l'Empire Byzantin ou  Empire Romain d'Orient.

Les trouvailles comprennent aussi des tessons de poterie au vernis rouge grésé dans un style identifiée comme "Phocaean red-slip ware" (céramique sigillée phocéenne) provenant de ce qui est aujourd'hui l'ouest de la Turquie.

 Morceau de verre trouvé sur le site. Photo Credit: Emily Whitfield-Wicks / Courtesy English Heritage

Morceau de céramique sigillée phocéenne provenant de l'ouest de la Turquie. Photo Credit: Emily Whitfield-Wicks / Courtesy English Heritage

Les archéologues ont aussi découvert de grandes jarres de stockage provenant de la région Méditerranéenne, des amphores, qui ont contenu de l'huile d'olive ou du vin.

Bien que quelques tessons d'amphore méditerranéenne et de verre ont été trouvés sur d'autres sites du Haut Moyen Âge dans le Royaume-Uni, ces artéfacts n'ont rien de comparable avec l'abondance de trouvailles faite à Tintagel lors des dernières fouilles, ainsi qu'au cours des précédentes dans les années 1990 et 1930.

Ceci suggère que les habitants du site n'étaient pas de simples importateurs de biens étrangers onéreux, mais ils en étaient aussi des consommateurs. A une époque où le règne romain s'est effondré dans presque toute l'Europe de l'Ouest, "curieusement, cet endroit unique en Angleterre semble avoir eu des contacts étroits avec le monde byzantin et l'est de la Méditerranée" ajoute Scutt.


"Le lieu de naissance d'Arthur"

Dans les légendes anglaises, Tintagel est le lieu où naquit Arthur, le légendaire roi britannique qui aurait combattu l'invasion des saxons dans les siècles qui ont suivi la fin du règne romain.

Selon l'histoire écrite au 12ème siècle par l'évêque et historien anglo-normand Geoffrey de Monmouth, le père d'Arthur, Uther Pendragon, séduisit la mère d'Arthur, Igraine; il s'était alors magiquement déguisé en son mari, le duc de Tintagel.

Plus tard, une autre tradition explique que le futur Roi Arthur aurait vécu à Tintagel lorsqu'il était enfant. Geoffrey de Monmouth mentionna aussi Tintagel comme étant plus tard la maison du cousin d'Arthur, de la famille d'Igraine, le Roi Marc'h de Cornouailles. Il fut le mari de la princesse irlandaise Iseult, et l'oncle vengeur de son amoureux, Tristan, chevalier cornouaillais de la Table Ronde du Roi Arthur.

Bien qu'aucun élément historique n'a été trouvé pour prouver l'existence du Roi Arthur, certains historiens supposent que le tempérament du Roi Marc'h de Cornouailles pourrait dériver de Conomor, l'un des rois de Domnonée au 6ème siècle, ou bien d'un roi cornouaillais plus tardif nommé dans les écrits gallois roi de Castellmarch (March ap Meirchion)

En 1998, une pierre gravée du nom britannique post-romain "Artognou" fut découverte par les archéologues à Tintagel; cela déclencha une vague de spéculation se référent à la légende arthurienne.

Mais Scutt rappelle que le consensus qui prévaut parmi les archéologues est que cette inscription, sur la Pierre d'Artognou, fait référence à une autre personne, malgré la similarité entre les deux noms.

Les croyances populaires qui ont fait de l'actuel château de Tintagel Tintangel le lieu de naissance du légendaire Roi Arthur, se sont renforcées après la découverte de la Pierre gravée d'Artognou en 1998.


Creuser pour remonter le temps.

Les récentes fouilles à Tintagel  sont la première étape d'une étude étalée sur 5 ans, menée par l'English Heritage et le Cornwall Archaeological Unit.

Scutt explique que le but principal du projet est d'établir une datation définitive du site et de déterminer la fonction de certaines des cent structures enterrées un peu partout sur le promontoire de Tintagel.

Les scientifiques s'accordent sur le fait que les structures enfouies à Tintagel sont certainement les restes d'un centre royal ayant un lien avec le Royaume de Domnonée, ajoute Scutt, mais jusqu'à présent, il n'y a pas eu de datation précise effectué sur le site.

Il reste encore une "possibilité extérieure" que certaines des constructions enterrées soient les restes d'un monastère médiéval tardif, voire même des cabanes pour les constructeurs du château du 13ème siècle qui se tient aujourd'hui sur le promontoire de Tintagel.

Et bien que les chercheurs soient convaincus que la plupart des bâtiments du site datent du 5ème au 7ème siècle, un lien direct avec la royauté britannique de l'époque reste à prouver. "Il y a plein d'autres possibilités, ce pourrait être un site marchand basé peut-être sur l'export de minéraux cornouaillais, comme l'étain, le plomb et l'argent" continue Scutt, "nous pouvons dire que c'est de haut rang et que des gens riches vivaient ici, mais cela ne correspond pas nécessairement à un pouvoir politique, cela pourrait être un site purement mercantile."

Merci à @VirginieTour et @yanou9c pour l'info !
Sources:

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8.11.2016

Un tunnel pour l'eau découvert sous le tombeau de Pakal à Palenque

Il y a tout juste un an, une rivière souterraine était découverte sous la pyramide de Kukulkan à Chichen Itza, cette année, les archéologues ont découvert un tunnel souterrain pour l'eau sous le Temple des Inscriptions sur le site Maya de Palenque. Le temple contient le tombeau d'un ancien dirigeant appelé Pakal.

Le Temple des Inscriptions. Zone archéologique de Palenque. Photo: INAH.

L'archéologue Arnoldo Gonzalez estime que la tombe et la pyramide ont été construites volontairement au-dessus d'une source entre 683 et 702 après JC. Le tunnel amène l'eau depuis le dessous de la chambre funéraire jusqu'à l'extérieur sur une vaste esplanade en face du temple, traçant ainsi un chemin vers l'inframonde pour l'esprit de Pakal.

Le tunnel, qui fait partie d'un ensemble de canaux, est ainsi relié à un autre; il est en pierre et fait environ 60cm de largeur et de hauteur.

Selon le directeur de l'archéologie de l'INAH (Institut National d'Anthropologie et d'Histoire), Pedro Sanchez Nava, la théorie est logique à la lumière des autres peuples pré-hispaniques, comme ceux qui vivaient à Teotihuacán, près de Mexico, et où un autre tunnel d'eau a été trouvé:  "Dans les deux cas, il y avait un courant d'eau présent. L'eau a un sens allégorique, où le cycle de la vie commence et se termine".

Les fouilles avaient commencé en 2012, lorsque les chercheurs constatèrent des anomalies souterraines révélées par le géo-radar, sous la zone en face de la pyramide à degrés.

Aperçu du canal au pied de la pyramide. Photo: INAH

Craignant un trou ou une faille géologique qui pourrait déstabiliser la pyramide ou causer son effondrement, ils ont creusé l'endroit et découvert trois couches de pierres soigneusement aménagées couvrant le haut du tunnel.

Selon Gonzalez, le même type de pierres sur trois couches ont été trouvées dans le sol du tombeau de Pakal, à l'intérieur de la pyramide. Il n'y a pas de puits ni de connexion entre la tombe et le tunnel, mais le conduit n'a pas encore été complètement exploré car il est trop petit pour pouvoir y ramper.

L'intérieur du canal. Photo: INAH

Francisco Estrada-Belli, professeur adjoint d'archéologie à l'Université de Boston, non impliqué dans les fouilles, écrit ainsi: "Je pense que construire une tombe au-dessus d'un canal à certainement un rapport avec la croyance que l'eau et les masses d'eau étaient des portes vers l'inframonde. Plusieurs exemples de temples (et de tombes associées) sont connus pour être bâtis au-dessus de grottes naturelles qui ont pu contenir de l'eau".

Schéma montrant l'agencement du canal. INAH


Voici d'autres articles proposant plus de détails sur cette découverte:

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8.09.2016

Une technique agricole d'Afrique de l'Ouest vieille de 700 ans serait climato-intelligente

Une technique de culture pratiquée depuis des siècles par des villageois en Afrique de l'Ouest, qui permet de convertir le sol de la forêt tropicale pauvre en éléments nutritifs en terre agricole fertile, pourrait être une réponse au changement climatique et révolutionner l'agriculture en Afrique.

Les populations d'Afrique de l'Ouest ont transformé les terres tropicales pauvres en nutriments en sols fertiles pendant des siècles...(Photo: Victoria Frausin, Université du Sussex)

Une étude globale, mené par l'Université du Sussex, incluant des anthropologues et des spécialistes du sol (pédologues), des universités  de Cornell, du Ghana, d'Aarhus et de l'Institut des Etudes de Développement, a pour la première fois identifié et analysé les sols fertiles au Liberia et Ghana.

Ils ont découvert que cette ancienne méthode d'Afrique de l'Ouest, où l'on ajoute du charbon de bois et des déchets de cuisine aux sols tropicaux fortement altérés et pauvres en éléments nutritifs, permet de transformer le paysage en sols noirs riches en carbone et durablement fertiles que les chercheurs ont surnommé "Terres Sombres Africaines".

Suite à l'analyse de 150 sites dans le nord-ouest du Libéria et 27 au Ghana, les chercheurs ont découvert que ces sols très fertiles contenaient 200 à 300% de carbone organique en plus que les autres sols, et qu'ils étaient capables de supporter une agriculture beaucoup plus intensive.

Terres sombres au Libéria, sur presque deux mètres de profondeur; tout en bas, on perçoit le sol d'origine. (Photo: Université du Sussex)

Selon le professeur James Fairhead, de l'Université du Sussex, initiateur de l'étude: "Imiter cette ancienne méthode pourrait transformer la vie de milliers de gens vivant dans ces régions d'Afrique parmi les plus pauvres et les plus touchées par la faim."

Plus de travaux doivent être faits, mais cette pratique agricole simple et efficace pourrait être une réponse aux grands défis mondiaux comme le développement des systèmes agricoles climato-intelligents afin de nourrir des populations en augmentation et pour s'adapter au changement climatique.

Comparaison entre le sol fertile et non fertile. Photo credit: Victoria Frauisn, University of Sussex.

Des sols similaires créés par les peuples amazoniens à l'époque pré-colombienne ont récemment été découverts en Amérique du Sud; mais les techniques que les gens ont utilisé pour créer ces sols restent inconnues. En outre, les activités qui ont conduit à la création de ces sols anthropogéniques ont été fortement perturbées après la conquête européenne.

Les chercheurs de l'étude en Afrique de l'Ouest ont, quant à eux, pu vivre dans les communautés alors qu'elles créaient ces sols fertiles. Cela a permis à l'équipe d'apprendre ces techniques utilisées par les femmes des communautés autochtones disposant des cendres, des os et autres déchets organiques pour créer ces Terres Sombres Africaines.

D'après le Dr Dawit Solomon, auteur principal de l'Université de Cornell: "Ce qui n'est pas surprenant c'est qu'aussi bien en Afrique qu'en Amazonie, ces communautés autochtones, bien qu'éloignées par la distance et dans le temps, ont été en mesure de réaliser quelque chose que les pratiques de gestion agricole modernes n'ont pu réussir jusqu'à présent.
La découverte de cette pratique de gestion du sol indigène climato-intelligente tombe au bon moment. Cette stratégie précieuse pour améliorer la fertilité des sols, tout en contribuant à atténuer les changements climatiques en Afrique, pourrait devenir une composante importante de la stratégie globale de gestion agricole climato-intelligente pour assurer la sécurité alimentaire."

L'étude, financée par l'Economic and Social Research Council et portant le titre "Indigenous African soil enrichment as a climate-smart sustainable agriculture alternative" a été publiée dans le journal Frontiers in Ecology and Environment.


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8.03.2016

Les archéologues découvrent les traces du palais mythique de Kublai Khan de la Dynastie Yuan

Après la chute de la Dynastie Kubilai Khan, aucun indice n'a permis de dire où avait vécu l'empereur si ce n'est une légende rapportée dans les écrits du marchand vénitien du 13ème siècle, Marco Polo.

Si l'on en croit ce dernier, les murs du "plus grand palais qu'il n'y a jamais eu" étaient couverts d'or et d'argent et la salle principale était si grande qu'elle pouvait facilement contenir 6000 personnes pour dîner. "Le palais était fait de roseaux portés par 200 cordes en soie, et il pouvait facilement être transporté en morceaux lorsque l'empereur voyageait" écrit-il dans son carnet de voyage. C'était une vision de grandeur mais le palais a disparu, apparemment sans laisser de trace.

Wang Guangyao, directeur adjoint de l'Institut d'Archéologie du Musée du Palais, sur le site de fouille. Photo: Simon Song

La Dynastie Yuan a duré moins d'un siècle, couvrant les années 1279 à 1368, et l'on pense que la capitale de l'empire était Beijing. Mais au cours des siècles qui ont suivi, une question travaille les historiens et archéologues en Chine: où était précisément le palais de la dynastie ?

Aujourd'hui, des experts du Palais Ancien, dans la Cité Interdite à Pékin, pensent avoir certaines réponses grâce à des indices sur lesquels ils sont tombés au cours de la réfection du système électrique souterrain du site et des systèmes d'extinction d'incendie.

D'après les données historiques, le palais Yuan à Beijing fut abandonné par le dernier empereur, Toghon Temür, qui fut renversé par les troupes rebelles qui ont établi la Dynastie Ming au 14ème siècle.

Certains experts pensent que le palais fut rasé par les soldats Ming lorsqu'ils reprirent la cité, tandis que d'autres pensent que les bâtiments ont été enlevés par les travailleurs Ming sur le site de ce qui allait devenir la Cité Interdite.

Les fondations de la tentaculaire Cité Interdite ont été commencées en 1406 et les constructions ont duré 14 ans. Ce fut le palais impérial des dirigeants Ming puis de la Dynastie Qing jusqu'en 1912.

Le complexe a été construit couche par couche, mais les chercheurs tamisant les sables ont dit avoir découvert des preuves qu'au moins une partie du palais Yuan était sous le site.

Les chercheurs de l'Institut d'Archéologie du Musée ont trouvé de la terre battue épaisse de 3 mètres et les décombres de fondations enterrées sous les couches des constructions des dynastie Ming et Qing.
Les fondations Yuan contiennent des graves de dynasties encore plus anciennes. Photo: Simon Song

Le directeur adjoint de l'institut, Wang Guangyao, rapporte que les fondations mises au jour dans la partie centre-ouest du palais étaient dans le même style que celles découvertes dans la ville de Zhangjiakou, dans les ruines de Zhongdu, l'une des quatre capitales de la Dynastie Yuan.

Certains des décombres dans la récente découverte des fondations Yuan remontent encore plus loin jusqu'aux dynasties Liao (907-1125) et Jin (1115-1234).

D'après Wang, des fondations d'une telle épaisseur sont rares dans les constructions Yuan et ont pu servir de support à une salle palatiale.

De plus, la découverte prouve que le palais Yuan a été construit sur le même site que le palais Ming. "Au final, nous savons maintenant que le palais n'a pas été construit ailleurs mais bien ici" ajoute Wang, "D'un point de vue historique, cela nous montre que l"histoire architecturale a continué sans interruption depuis les Yuan jusqu'aux dynasties Ming et Qing."

La découverte a aussi ravivé le débat concernant l'Axe Central de Beijing, une bande longue de 7.8km qui va de la Porte Yongding jusqu'aux tours du Tambour et de la Cloche et qui comprend la Cité Interdite, le Temple du Ciel et Zhongnanhai, siège du gouvernement .

De nombreux chinois pensent que cet axe était le "squelette sacré" de la cité depuis la dynastie Ming; mais d'autres estiment qu'il remonte plus loin au milieu du 13ème siècle.

Wang dit qu'il est trop tôt pour conclure si les Yuan, Ming et Quin ont bâti le long du même axe: "en tant qu'archéologue, nous ne pouvons que décrire ce que nous avons trouvé. Mais cela nous donne une direction pour des explorations futures".

Il précise que les fouilles n'ont pas été faciles dans l'un des sites culturels les plus important du pays et qu'il reste encore des travaux à faire: "même si nous pensons qu'un certain site est important pour des découvertes archéologiques, nous ne pouvons pas creuser le sol comme ça car c'est interdit. Tout ce que nous pouvons faire c'est rassembler le plus d'éléments possible jusqu'à ce que nous puissions plus tard, probablement dans une génération ou deux, terminer le travail sur ces places; nous pourrons alors rassembler toutes les découvertes pour voir si elles sont liées."

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8.01.2016

Xunantunich: découverte du plus grand tombeau maya du Belize

La tombe d'un dirigeant maya exceptionnellement bien préservée a été découverte au Belize. Trouvée sur le site archéologique de Xunantunic, la chambre funéraire est la plus grande et la plus élaborée jusqu'ici au Belize.

Temple Maya à.Xunantunich. Photo:WPA Pool /Getty Images

Les mayas étaient au sommet de leur puissance au sixième siècle après JC. Cependant, il reste des mystères sur ce qui a causé la fin de cette grande civilisation. La plupart des cités en pierre mayas ont été abandonnées en 900 après JC et jusqu'à présent les archéologues n'ont pu expliquer avec certitude la disparition de cette culture riche et puissante.

Des travaux archéologiques avancés ont commencé il y a des dizaines d'années au Belize, mais ce n'est que récemment que de grandes découvertes ont conduit les archéologues à considérer le pays comme le centre de la civilisation maya.

Le projet Belize Valley Archaeological Reconnaissance (BVAR) dirigé par l'archéologue Jaime Awe, de la Northern Arizona University, cherche à étudier les restes de la culture maya dans le pays. Cela inclus les travaux de fouille à Xunantunich, ses palais et ses temples, pour mieux comprendre la fin de l'apogée de cette grande ville maya.

La découverte de la tombe royale à l'intérieur d'un grand tertre, au centre du site, fait partie de ces recherches en cours sur le passé maya du Belize.

 Le tertre où a été trouvé la tombe. Photo: The San Pedro Sun

Un squelette avec des restes d'animaux

La découverte est d'autant plus remarquable que le site fait l'objet de fouilles depuis les années 1890 ! Mais personne n'avait trouvé la chambre funéraire jusqu'ici.

Awe a expliqué que la tombe, qui est profonde de 5 à 8 mètres, est la première découverte à Xunantunich et la plus grande du Belize. La taille de la structure suggère que les gens devaient probablement vénérer la personne inhumée.

Les archéologues ont découvert le squelette reposant au fond de la tombe. L'analyse des ossements suggère que les restes appartiennent à un homme en raison de la grande taille des fémurs. Les dents semblent indiquer qu'il avait entre 20 et 30 ans lorsqu'il est mort.

Il a été enterré avec des perles de jade et des poteries ainsi qu'avec des restes d'animaux (probablement de jaguar ou de cerf).

Tous ces éléments, ainsi que la taille de la tombe, indiquent que l'homme avait un statut très important et était probablement un seigneur local.

Les archéologues espèrent que cette découverte permettra d'améliorer la compréhension de la culture maya, comment elle s'est établie au Belize et comment étaient menés les rites funéraires.

Ils prévoient maintenant d'analyser les écritures hiéroglyphiques mayas découvertes sur des stèles près de la tombe. Ils espèrent obtenir des indices sur l'identité du squelette.


Source:

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