10.23.2017

Une structure de l'époque romaine découverte au pied du Mur des Lamentations

Des archéologies israéliens ont dévoilé, dans la vieille ville de Jérusalem, une nouvelle section mise au jour du Mur occidental de Jérusalem et la première structure publique romaine jamais découverte dans la ville.

Aperçu de l'auditorium mis au jour lors des fouilles. Photo: Menahem Kahana/AFP/Getty Images 

L'archéologie Joe Uziel rapporte que lui et ses collègue savaient que la section du mur se trouvait à cet endroit et qu'ils s'attendaient à trouver une rue romaine à sa base. "Mais, lors des fouilles, nous avons réalisé que nous n'allions pas trouver de rue. Au lieu de cela, nous avions cette structure circulaire. Nous nous sommes alors rendu compte que nous mettions au jour une structure romaine de type théâtre".


Le carbone 14 et d'autres méthodes de datation ont indiqué que l'ensemble remontait au deuxième ou troisième siècle après JC et que cela ne semblait pas avoir été achevé.


L'Autorité des Antiquités d'Israël (IAA), qui a dirigé les fouilles, précise que des sources historiques mentionnaient de telles structures, mais en 150 ans de recherche archéologiques modernes dans la ville, rien n'avait été trouvé jusque là.

La section du vieux mur occidental, âgé de 2000 ans, mise au jour par les fouilleurs, fait 15 mètres de largeur et 8 mètres de haut, avec des pierres très bien préservées. Le tout était enfoui sous 8 mètres de terre depuis 1700 ans.

L'archéologue Tehila Lieberman de l'Autorité des Antiquité d'Israël sur la structure romaine qui vient d'être découverte. Photo: The Temple Institute

Le Mur occidental (ou Mur des Lamentations) fait parti des restes des structures de retenue qui entouraient le seconde temple de Jérusalem jusqu'à sa destruction par les romains en 70 après JC.

"Exposer des parties du Mur occidental est très passionnant, mais ce que nous examinons en ce moment, nous n'avions aucune idée que ce serait ici" ajoute Uziel montrant l'auditorium de 200 places.


Un odéon ou un bouleutérion


"C'est probablement le site archéologique le plus important du pays, la première structure de la période romaine à Jérusalem" selon Yuval Baruch, architecte en chef de l'IAA à Jérusalem, "nous en savons beaucoup sur les maisons d'habitation, sur les installations, les systèmes d'alimentation en eau, les routes, les rues, mais c'est la première fois que nous pouvons montrer une structure romaine publique".


D'après l'IAA, le bâtiment pouvait être une salle de réunion pour des fonctionnaires administratifs romains ou un lieu de concert, mais c'est son emplacement sous une ancienne arche, qui aurait pu servir de toit, qui a donné un indice: "C'est une structure plutôt petite comparée aux théâtres romains que l'on connait. Cet élément, en plus de son emplacement sous un espace couvert, nous amène à suggérer qu'il s'agit d'une structure théâtrale connue dans le monde romain sous le nom d'odéon. En général, de telles structures étaient utilisées pour des performances acoustiques. Sinon, cela peut avoir été une structure connue sous le nom de bouleutérion, le bâtiment où se réunissait le conseil municipal"

Merci à Michel Sergent pour l'info !

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10.19.2017

Borgring ou l'énigme des forteresses circulaires vikings

Il y a quelque temps, une découverte archéologique rarissime a révélé une forteresse viking du 10ème siècle au sud de Copenhague au Danemark

La forteresse de Borgring a une forme circulaire incroyablement précise, mesurant environ 150m de diamètre. C'est la première en son genre a être mise au jour en 60 ans au Danemark. Les découvertes ont été publiées dans le journal Antiquity.

The Borgring fortress was discovered using airborne laser technology. It was built during the reign of the Viking king Harald Bluetooth in the 10th centuryGoodchild et al / Antiquity 2017
La forteresse de Borgring désigné ici par la flèche rouge.Goodchild et al / Antiquity 2017

La structure est du type "forteresse de Trelleborg" avec une forme globale distinctive et une structure interne. Les terrassements, les maisons et autres structures étaient méticuleusement disposés à l'intérieur de la forteresse.

Il y a des fossés en forme de V avec un tracé circulaire très précis, avec quatre portes aux quatre points cardinaux. C'est d'ailleurs près de l'une de ces portes qu'une boite à outils d'un charpentier viking avait été découverte au Danemark.

"La forteresse de Borgring avait été provisoirement identifiée dans les années 1970, mais la technologie manquait pour vérifier si c'était réellement une forteresse de type Trelleborg" rapporte l'auteur de l'étude, Søren Michael Sindbæk de l'université d'Aarhus, "c'est le plus bel aspect de nos résultats: le soupçon selon lequel cela pouvait être une forteresse reposait sur une très belle carte faite en 1970 qui était la meilleure méthode d'étude que l'on avait à l'époque. Mais cela était impossible à prouver jusqu'à aujourd'hui".

Avec des technologies modernes plus sensibles, comme le LiDAR (télédétection par laser), Sindbæk et ses collègues ont pu mesurer de subtiles différences au niveau du sol suggérant la présence de "l'anneau".
Borgring ou l'énigme des forteresses Viking circulaires
Il a fallu l'aide des technologies modernes pour pouvoir confirmer qu'il y avait bien une forteresse. Goodchild et al / Antiquity 2017

Avant sa destruction, la forteresse de Borgring était construite avec des remparts en bois et en terre. La forteresse avait deux rues se croisant en son centre. Les rues devaient être pavées de bois, reliant quatre grands bâtiments en bois à l'intérieur de la forteresse.

Il n'y a eu que cinq forteresses de type Trelleborg qui ont été découvertes au Danemark jusqu'à ce jour. Elles furent bâtie dans une période de temps étonnamment courte entre 975 et 980 de l'Ere Commune, sous le règne du Roi Haral Bluetooth. Ce sont généralement des structures circulaires massives mesurant entre 140 et 250m de diamètre.

"Elles ont posé une réelle énigme sur l'âge Viking lorsqu'elles ont été découvertes" ajoute Sindbæk, "les vikings étaient perçus comme une société de petits rois locaux en compétition pour le pouvoir." Ce type de contrôle organisé était habituellement associé à la royauté médiévale bien plus tard.


Les forteresses représentaient un degré surprenant d'organisation et de centralisation que l'on n'a pu facilement percevoir dans les autres aspects de la culture viking.



Comment des structures aussi grandes sont apparues soudainement dans le paysage danois aux alentours de l'an 975 ?

"Elles sont liées à une période exceptionnelle d'expression de la royauté" explique Sindbæk, "la question est de savoir si cela signifie que nous avons besoin d'une réévaluation complète de la société viking, ou si nous devons seulement revoir les éléments de cette période particulière. En raison de la très courte période de temps où furent construites ces structures, seulement 5 ans, la dernière supposition est plus probable."

Reconstruction de ce à quoi devaient ressembler les remparts de la forteresse. Goodchild et al / Antiquity 2017

Les forteresses ont probablement été construites au cours d'une époque où les vikings faisaient face à de puissants ennemis extérieurs dans les terres slaves et germaniques. "Si l'on regarde les années 970 et 980, c'est exactement la période où toutes les autorités qui bordent cet empire sont dans un état d'urgence élevé. Il y a un pouvoir militaire sans précédent et qui n'a pas été revu pendant plusieurs générations" ajoute-t-il.

La nécessité de construire des forteresses de type Trelleborg s'est arrêtée après la mort de l'empereur germanique dans les années 980, et ces constructions couteuses ont cessé d'être fabriquées.

"Le fait que ces étranges structures ne soient apparues qu'au cours de tensions est fascinant. Nous n'avons pratiquement aucune autre forteresse semblable en Norvège ou en Suède, et au Danemark, il n'y a pas d'autres forteresse aussi grande que celle-ci. Aussi, elles sont très étranges. En raison des dates, il semble qu'elles coïncident avec une situation militaire unique." conclu Sindbæk.


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10.12.2017

Un mur en pierre circulaire de la culture Marcavalle mis au jour au Pérou

Des experts péruviens ont mis au jour des ruines architecturales remontant à plus de 3000 ans dans la zone archéologique de Marcavalle, située dans la région de Cuzco.

Les découvertes comprennent un mur circulaire de 7m de diamètre. Fait de pierre et d'argile, il appartient à la culture pré-Inca Marcavalle.

Un mur en pierre circulaire de la culture Marcavalle mis au jour au Pérou
La structure vue de dessus. Photo: Andina

D'après Luz Marina, archéologue chargée de l'étude, la structure en forme d'anneau a pu être utilisée comme habitation et site rituel. Les archéologues ont aussi découvert les parties d'un mur similaire, probablement d'un atelier ou entrepôt, avec des signes de plusieurs occupations humaines successives.

A l'intérieur des deux constructions, les spécialistes ont trouvé un grand nombre de fragments de poterie de la culture Marcavalle décorés de visages humains et têtes d'animaux. Ils ont aussi découvert des pointes d'obsidienne, des outils en pierre ainsi que des perles en pierre et en os.

D'autres artéfacts comprenaient des aiguilles et spatules en os, des figurines cérémonielles, des restes d'ossements de chiens et de camélidés, ainsi que des restes de graines et produits comme du maïs et des haricots.




Ces découvertes confirment que la culture Marcavalle s'est développée à l'époque où les cultures de Chavin et de Paracas régnaient sur les régions d'Ancash et d'Ica au Pérou.

Vidal Pino Zambrano, directeur du Decentralized Culture Directorate of Cusco (DDCC), a souligné l'énorme valeur de ces découvertes, qui sont la preuve que Cusco a vu "les premiers pas de la civilisation andine, qui a trouvé son expression ultime dans la culture Inca. Nous continuerons à encourager ce projet de recherche, car Marcavalle est comme un livre qu'il faut continuer à lire pour comprendre son histoire".


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10.05.2017

Un manuscrit médiéval caché dans la reliure d'un ancien livre

Au milieu du 16ème siècle, un relieur a prit un parchemin, qui avait déjà des centaines d'années, et l'a utilisé pour relier un livre de poésie.

Ce parchemin est resté illisible pendant presque 500 ans, jusqu'à aujourd'hui, où grâce à des techniques d'imagerie de pointe, l'on peut lire à nouveau ses mots.

Marc Walton, devant le livre étudié. Photo: Northwestern

L'analyse du texte du sixième siècle a révélé que c'était un extrait du code de loi romain. Celui qui a relié le livre de poésie a probablement considéré le texte comme obsolète, car à ce moment-là, la société utilisait le code de l'église plutôt que les lois romaines, ont indiqué les chercheurs.


La découverte est remarquable,  car elle peut être utilisée pour aider à déchiffrer des textes sur d'autres parchemins utilisés comme matériaux de reliure.


Entre le 15ème et 18ème siècle, les relieurs recyclaient de façon routinière des parchemins médiévaux afin de les utiliser comme reliure pour des livres neufs et imprimés.

Les spécialistes connaissent depuis longtemps cette pratique, mais bien qu'ils étaient intéressés par les textes écrits sur ces vieux parchemins, ils étaient incapables de les lire.

"Pendant des générations, les érudits pensaient que cette information était inaccessible, aussi ils pensaient "à quoi bon s'ennuyer ?" rapporte Marc Walton, scientifique au Centre pour les Etudes Scientifiques dans les Arts à l'Université Northwestern de Chicago (NU-ACCESS), "mais maintenant l'avancée de l'imagerie informatique et du traitement du signal apporte une toute nouvelle façon de lire ces textes".

Le livre lui-même est une copie de 1537  de "Les travaux et les jours" du poète grec Hésiode, un écrivain qui a probablement vécu pendant la même période que Homère.

L'Université de Northwestern a acheté le livre en 1870, et la copie est actuellement la seule impression avec sa liaison parcheminée originale.

Au début, seule la reliure a attiré l'attention des chercheurs. Ensuite, ils ont commencé à se poser des questions sur le texte écrit sur le parchemin dans la reliure. Mais une inspection plus approfondie a montré que le relieur avait tenté d'enlever le texte, probablement par lavage ou grattage du parchemin.

Heureusement, deux colonnes d'écriture fantôme sont restées, ainsi que des commentaires en marge. "L'encre est sous le parchemin dégradé, on peut donc commencer à voir l'écriture" rapporte la chercheuse principale Emeline Pouyet de L'université Northwestern, "c'est par là que l'étude analytique a commencé".


Plusieurs techniques essayées avant de trouver la bonne.


Walton et Pouyet ont essayé une technique d'imagerie hyperspectrale à lumière visible, une méthode qui identifie la gamme spectrale pour chaque pixel d'une image, pour faire ressortir les mots; mais cela n'a fait que rendre le texte que légèrement plus clair, car le parchemin avait des irrégularités dégradées.

Ils ont donc essayé l'imagerie par fluorescence à rayons X, une technique qui fournit des données sur la composition de l'encre; mais cela n'a pas rendu le texte plus lisible.


Enfin, l'équipe a envoyé le livre au Cornell High Energy Synchrotron Source (CHESS) à Ithaca, New-York, où de puissants rayons-X ont complètement révélé le texte et les commentaires en marge.

Lorsque les chercheurs ont envoyé les résultats pour étude au chercheur Richard Kieckhefer, professeur de religion et d'histoire à l'Université Northwestern, ce dernier a annoncé que c'était un code de loi romain avec des notes référençant la loi canonique de l'église.

Il est possible que ce parchemin était à l'origine utilisé dans un cadre universitaire où les élèves étudiaient la loi romaine comme base pour la compréhension de la loi canonique, une pratique courante au moyen âge.


Les prochaines étapes.


On ne peut envoyer cependant tous les livres rares hors site pour une analyse au CHESS. Aussi, en utilisant une machine apprenant l'algorithme, les chercheurs, aidés des professeurs Aggelos Katsaggelos et Oliver Cossairt de l'Electrical Engineering and Computer Science de l'Université de Northwestern, ont trouver une meilleure façon d'imager les parchemins comme celui-ci.

Plutôt que d'utiliser une seule technique, c'est une combinaison de deux (l'imagerie hyperspectrale visible et la fluorescence à rayons X) qui a donné les meilleurs résultats. "En combinant les deux modalités, nous avions les avantages de chacune des deux" explique Katsaggelos, "nous avons pu lire avec succès ce qu'il y avait à l'intérieur de la couverture du livre".

L'équipe cherche maintenant à déchiffrer un autre parchemin. "Nous avons développé les techniques" dit Walton, "maintenant, nous pouvons aller dans les collections des musées et étudier beaucoup plus de ces manuscrits recyclés et révéler l'écriture cachée à l'intérieur."

L'étude a été publiée dans le journal Analytica Chimica Acta: "Revealing the biography of a hidden medieval manuscript using synchrotron and conventional imaging techniques"


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10.03.2017

Un ancien cimetière découvert sous une nécropole visigoth en Espagne

Des archéologues espagnols fouillant une nécropole visigoth à Sena dans le nord-est de la province de Huesca, ont découvert un site funéraire datant du 10ème siècle avant l'ère commune qui faisait partie de la culture des champs d'urnes de l'âge de bronze tardif.

Un ancien cimetière découvert sous une nécropole visigoth en Espagne
Une urne révèle l'existence d'un cimetière remontant à plus de 2000 ans.

Deux urnes et un couvercle ont été découverts dans le cimetière.

Hugo Chautón, l'archéologue qui supervise les fouilles, explique que la civilisation des champs d'urnes s'est répandue depuis l'Europe Centrale vers le nord-est de l'Espagne aux alentours de 1000 avant l'ère commune.

Le nom de la culture d'urnes funéraires vient de la coutume d'incinérer les morts et de placer leurs cendres dans des urnes. qui étaient ensuite enfouies. "Cette culture représente la transition de l'âge du bronze vers l'âge du fer" rapporte Chautón, "et cela nous fournit des informations précieuses sur les pratiques funéraires, en particulier le passage de l'enterrement des morts à leur incinération "
Un ancien cimetière découvert sous une nécropole visigoth en Espagne
 Les archéologues travaillent sur le site funéraire visigoth à Sena

L'équipe a fouillé un cimetière wisigoth datant du cinquième siècle de l'ère commune; Les visigoths ont envahi la péninsule ibérique à la suite de l'effondrement de l'empire romain. "Nous avions des indications qu'il y avait une sorte d'implantation antérieure à proximité et cette année, nous avons pu voir que c'était juste sous la nécropole wisigoth" a ajouté Chautón



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9.28.2017

Deux anciennes églises portugaises mises au jour à Zanzibar

Une équipe d'archéologues de l'Université de Bristol et de l'Université de Zayed (Emirats arabes) a découvert les fondations de deux églises portugaises du 17ème siècle sur l'île de Zanzibar près des côtes de l'Afrique de l'Est.

Les portugais controlaient la côte est de l'Afrique entre 1500 et 1698. Les informations concernant les activités des missionnaires portugais dans cette région du monde sont limitées, et ces découvertes permettront de comprendre la longue période de conflit entre chrétiens et musulmans dans l'Océan Indien occidental au cours de cette période.

Les trouvailles ont été faites à l'intérieur d'un fort arabe du 18ème siècle situé au cœur du vieux quartier de "Stone town" dans Zanzibar. Ce fort, qui aujourd'hui est un centre culturel, contient à l'intérieur de ses murs des restes de plusieurs anciennes constructions.

Deux anciennes églisese portugaises mise au jour à Zanzibar
Le site de fouilles près du fort arabe. Photo: Professor Mark Horton 

Un espion portugais rapportait en 1710 que les arabes avaient construits un "fort ridiculement petit" en réutilisant les murs de l'église missionnaire portugaise.


Les archéologues ont localisé cette église qui remonte aux alentours de 1610 et qui fut fondée par une mission de moines augustins.


Un géoradar a donné aux archéologues une bonne idée de ses dimensions: environ 35m de long sur 16m de large, avec deux transepts.

Les documents portugais rappellent que la communauté chrétienne fut massacrée en 1651, dont le vicaire, Père Manoel de Nazareth, et la plus grande partie de l'église fut détruite.

Les chercheurs ont été surpris de trouver une seconde église plus petite, construite parmi les ruines de la première église et attenante à une construction datant de 1652 environ, lorsque l'île fut récupérée. Ce bâtiment fait seulement 20m sur 8m, et semble avoir été une simple grange.

La seconde église contient de nombreuses tombes chrétiennes sous son plancher, qui pourraient être des victimes du massacre ainsi que des chrétiens qui ont vécu plus tard à Zanzibar au XVIIe siècle.

Un des squelette découvert dans une tombe. Photo: Professor Mark Horton 

L'une des tombe est celle d'une femme, probablement une religieuse, avec un médaillon du Sacré-Cœur autour de son cou. Le Sacré-Cœur est devenu particulièrement populaire après 1675.

Une autre tombe contenait un crucifix en bronze, et au moins l'une des tombes contenait un squelette ayant des traces de blessures par balle de fusil.

Le crucifix et le sacré-cœur.Photo: Professor Mark Horton 

La communauté portugaise de Zanzibar s'est effondrée avec le meurtre du vicaire de Zanzibar, Manoel de Conceiçao en 1694. Le contrôle portugais de l'Afrique de l'Est s'est terminé avec la chute du fort Jesus à Monbasa prit par les arabes d'Oman en 1698.


Les ruines de l'église ont été récupérées pour bâtir un fort, qui fut le centre de l'expansion des arabes d'Oman vers les côtes de l'Afrique de l'Est depuis l'Arabie.


 Le professeur Mark Horton, du département d'archéologie et d'anthropologie de l'Université de Bristol a mené les recherches: "les fouilles montrent aussi que les portugais n'étaient pas les premiers à s'implanter dans cette partie de l'île. Sous le niveau des églises portugaises, il y avait plus de 2 mètres de dépôts archéologiques datant du 11ème au 16ème siècle."

Les historiens ont longtemps soutenu que le quartier "stone town" de Zanzibar n'était âgé que de 300 ans; ces nouvelles découvertes archéologiques montrent que son histoire remonte à un millier d'année.

Les recherches reprendront en 2018 afin de terminer les fouilles et dans le but de créer un musée et une zone archéologique sur le site.

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9.21.2017

A-t-on découvert la tombe du premier historien des Amériques ?

Alors qu'un groupe d'hommes travaillait sur le site d'un d'une construction religieuse vieille de plusieurs centaines d'années, par hasard, en retirant une couche de terre, ils ont découvert une crypte, enfouie sous les décombres.

L'histoire remonte à l'année 1992, lorsque des travaux étaient en cours pour transférer le panthéon où Christophe Colomb était inhumé depuis la cathédrale de Saint-Domingue, la capitale de la République Dominicaine. Le projet faisait partie des nombreux évènements organisés cette année là pour commémorer l'arrivée du marin dans les Amériques cinq siècles plus tôt.

A-t-on découvert la tombe du premier historien des Amériques ?
 Le site de ce que l'on pense être le tombeau de Gonzalo Fernández de Oviedo, dans la cathédrale de Santo Domingo. Photo: Victor Siladi

Mais, de manière tout à fait inattendue, une autre tombe fut découverte.

A quelques mètres sous le mausolée du marin italien, il y avait une crypte avec une voûte en brique endommagée mesurant 8.46m sur 3.80m.


Qui était donc la personne, incontestablement illustre, enterrée dans un endroit aussi précieux ?


Esteban Prieto Vicioso, conservateur à la cathédrale Notre-Dame de l'Incarnation, rapporte que les éléments font poindre vers Gonzalo Fernández de Oviedo, un nom négligé et pourtant important.

On lui attribut l'écrit du premier rapport sur les Amériques, à la demande de Charles V. Jusqu'à sa mort, à 80 ans, Fernández de Oviedo a écrit sur le premier voyage vers les Amériques de Christophe Colomb en 1492, et jusqu'à la rébellion de Pizzaro en 1549. Il a aussi détaillé la géographie, les plantes, les animaux et habitants du continent.

"Nous savons que jusqu'au milieu du 16ème siècle il y avait un autel dédié à Sainte Lucie construit sur les instructions d'Oviedo, et, juste en dessous, il a ordonné la construction d'une voûte, où il fut enterré" rapporte Prieto Vicioso, "il n'y a pas de preuve documentaire que son corps a été déplacé d'ici".

Gonzalo Fernández de Oviedo
Portrait de Gonzalo Fernández de Oviedo

L'équipe de restauration de la cathédrale, la première à être bâtie dans les Amériques, essaye d'amasser des fonds pour fouiller la crypte, ce qui devrait permettre, espèrent-ils, d'identifier Oviedo. Ils pensent qu'ils trouveront une clé en fer dans la tombeau qui serait celle de la forteresse de Saint Domingue, dont Oviedo fut le gouverneur au cours des 25 dernières années de sa vie.

Enfin, un détail particulier devrait définitivement établir si la tombe est celle d'Oviedo; ce serait une marque sur le crâne: il reçu lors d'une bagarre avec un autre espagnol, un coup de couteau à Darién Gap, dans ce qui est aujourd'hui Panama.


Un rôle important dans la conquête du Nouveau Monde.


Bien qu'il ait été largement oublié par les historiens, Gonzalo Fernández Oviedo a joué un rôle clé dans la conquête des Amériques, ainsi que dans la reconquête de l'Espagne: il accompagna les monarques catholiques quand ils sont entrés à Grenade le 6 janvier 1492 après la défaite du dernier royaume maure en Espagne.

Il fut aussi présent les années suivantes lorsque Christophe Colomb rencontra les dirigeants Isabelle et Ferdinand au retour de son premier voyages aux Amériques.

Il partit en Italie, où il rencontra Léonard de Vinci et des membres influents de la famille Borgia. Plus tard, il devient secrétaire de Gonzalo Fernández de Córdoba, un important navigateur.

Il fait son premier voyage aux Amériques en 1514, avec une expédition menée par Pedrarias Dávila. Il fut le témoin de l'ancienne rivalité avec Vasco Núñez de Balboa, le premier européen a atteindre le Pacifique via les Amériques, et qui aurait été exécuté par Dávila en 1519.

Oviedo est retourné en Espagne en 1526, où il publie La Natural historia de las Indias qui connut un succès immédiat et fut traduit en anglais, français et italien, et il est encore lu par les étudiants de nos jours.

En 1532, Charles V le nomma chroniqueur officiel des Indes et gouverneur de la forteresse de Saint Domingue. Il passa le reste de sa vie à Saint Domingue dans une petite maison remplie de livres sur les rives de la rivières Ozama, qui traverse la capitale. Il écrivit aux gouverneurs et serviteurs de la couronne sur le vaste empire américain d'Espagne et les rencontra lorsqu'ils étaient de passage sur l'île.

Ses recherches ont été répertoriées dans La General y natural historia de las Indias, dont la première partie fut publiée en 1535, alors que les deux volumes restants ne sont sortis qu'au milieu du 19ème siècle..

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9.20.2017

Cycle de conférences "Archéologie de la guerre: de la fouille à l’écriture de l’Histoire"


La Bibliothèque nationale de France (BnF) propose un cycle de conférences centré sur l'apport de l'archéologie française ou d'archéologues français à l'Histoire.

Ces conférences envisage de traiter différents aspects de l’archéologie de la Guerre, au sens large (étude d’objets, fouille, archéologie des textes...). 

Co-organisé par la Bibliothèque nationale de France et la direction desétudes de l’Ecole française d’Athènes, l’idée est de montrer à travers l’exposé de travaux récents comment archéologie, matériel archéologique ou épigraphie dialoguent pour créer un discours historique.


Mercredi 11 octobre 2017 18h30-20h00
L’archéologie de la Grande Guerre
Par Gilles Prilaux, ingénieur de recherche à l’INRAP


Mercredi 22 novembre 2017 18h30-20h00
Les fouilles de fortins du désert oriental en Egypte
Par Bérengère Redon, spécialiste de l’Egypte, CNRS


Mercredi 20 décembre 2017 18h30-20h00
Archéologie de la bataille de Sellasie (222 av. J.-C.) : entre sources antiques et réalités du terrain
Par Jean-Christophe Couvenhnes, université Paris IV



Lieu:
François-Mitterrand – Salle 70 Quai François-Mauriac - Paris 13e
Entrée libre 

Source: