2.16.2017

Des centaines de géoglyphes sous la forêt amazonienne

La forêt tropicale amazonienne a été transformée il y a plus de deux mille ans par les anciennes populations qui ont construit des centaines de grands et mystérieux ouvrages en terre.

Découverts par des experts brésiliens et anglais, ils apportent de nouveaux éléments sur la façon dont les peuples indigènes vivaient an Amazonie avant l'arrivée des européens dans la région.

Des centaines de géoglyphes sous la forêt amazonienne
Credit: Jenny Watling

Les enceintes abandonnées, dans l'état d'Acre dans l'ouest brésilien de l'Amazonie, étaient masquées depuis des siècles par les arbres. C'est la déforestation moderne qui a permis de découvrir plus de 450 de ces grands géoglyphes géométriques.

La fonction de ces mystérieux sites reste encore très peu comprise; il y a peu de chances qu'ils aient pu être des villages car les archéologues n'ont découvert que très peu d'artéfacts lors des fouilles. De plus, leur disposition suggère qu'ils n'ont pas été construits à des fins défensives.

On pense qu'ils étaient utilisés uniquement de façon sporadique, peut-être comme lieux de rassemblement rituel.


Les structures sont des enceintes fermées qui occupent environ 13000km².


Leur découverte conteste les hypothèses selon lesquelles l'écosystème de la forêt tropicale n'a pas été perturbé par les hommes.

L'étude a été menée par Jennifer Watling, chercheuse postdoctorale au Musée d'Archéologie et d'Ethnographie de l'Université de São Paulo, alors qu'elle étudiait pour un doctorat à l'Université d'Exeter: "le fait que ces sites soient restés cachés pendant des siècles sous la forêt tropical mature remet en question l'idée que les forêts amazonienne sont des écosystèmes vierges. Nous avons immédiatement voulu savoir si la région était déjà boisée lorsque les géoglyphes ont été construits, et jusqu'à quel point les hommes ont pu avoir un impact sur le paysage en bâtissant les ouvrages en terre".
Des centaines de géoglyphes sous la forêt amazonienne
Credit: Jenny Watling

A l'aide de techniques de pointe, les membres de l'équipe on pu reconstruire 6000 ans d'histoire concernant la végétation et le feu autour des sites de géoglyphes. Ils ont découvert que les hommes ont modifié fortement les forêts de bambou depuis des millénaires et qu'ils ont aménagé de petites clairières provisoires pour construire les géoglyphes.

Au lieu de brûler de grandes étendues de forêt, que ce soit pour la construction de géoglyphes ou pour les pratiques agricoles, ils ont transformé leur environnement en se concentrant sur des arbres économiquement utile, comme le palmier, créant une sorte de "supermarché préhistorique" des produits forestiers utiles.


L'équipe a aussi trouvé des indices laissant penser que la biodiversité de certaines forêts de l'Acre pourraient avoir un important héritage de ces anciennes pratiques d'agroforesterie.


D'après le Dr Watling, "malgré le grand nombre et la densité des sites de géoglyphes dans la région, nous sommes certains que les forêts de l'Acre n'ont jamais été défrichées de façon aussi extensive qu'elles ne l'ont été ces dernières années. Notre preuve que les forêts amazoniennes ont été gérées par des peuples autochtones bien avant l'arrivée des européens ne doit pas servir de justification pour l'utilisation destructrice et non durable du sol pratiqué aujourd'hui. Cela devrait plutôt servir à mettre en évidence l'ingéniosité des anciens régimes de subsistance qui n'ont pas conduit à la dégradation des forêts, et l'importance de la connaissance des peuples indigènes pour trouver des alternatives plus durables pour l'utilisation des terres".

L'étude a impliquée des chercheurs des universités d'Exeter, Reading et Swansea, São Paulo, Belémet Acre. La recherche a été financée par l'Arts and Humanities Research Council, le National Geographic et le NERC Radiocarbon Facility.

Pour mener à bien l'étude, l'équipe a extrait des échantillons de sol d'une série de fosses creusées à l'intérieur et à l'extérieur des géoglyphes. A partir de ces échantillons, ils ont analysé les phytolithes (des microfossiles micrométriques de cellules végétales) afin de reconstruire l'ancienne végétation; des charbons pour évaluer la quantité de forêt ancienne brûlée et des isotopes stables de carbone pour connaitre l'ouverture de la végétation dans le passé.

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2.09.2017

Une tombe vieille de 2 500 ans révèle un usage ancien du cannabis

D'après une nouvelle étude, il y a environ 2500 ans, des proches ont enterrés un homme dans une tombe élaborée, et l'ont recouvert d'un linceul fait de 13 plantes de cannabis.

Une tombe vieille de 2 500 ans révèle une ancienne utilisation du cannabis
La tombe Jiayi M231, contenait un squelette avec des objets funéraires et des plantes de cannabis posées sur le corps. Credit: Hongen Jiang et al. Economic Botany. 2016.

La tombe dans laquelle les archéologues ont découvert du cannabis.est l'une des quelques sépultures anciennes découvertes en Eurasie centrale.

Située dans le nord-ouest de la Chine, elle apporte un nouvel éclairage sur la façon dont les hommes préhistoriques de la région utilisaient les plantes lors des rituels. C'est "une remarquable découverte archéobotanique à part entière" qui survient après que les habitants de la région moderne aient décidé de construire un nouveau cimetière à côté d'une oasis pittoresque, précisent les chercheurs. C'est ainsi que des ouvriers ont découvert cet ancien cimetière.

Les archéologues sont arrivés sur le site et ont rapidement découvert une abondance d'artéfacts enfouis dans les tombes: des arcs, des flèches et les restes d'animaux domestiques, dont des chèvres, des moutons et un crâne de cheval; tout cela indique que ces anciens habitants vivaient à la fois de la chasse et de l'élevage.

Localisation de l'ancien cimetière Jiayi. Credit: Hongen Jiang et al. Economic Botany. 2016.

Un cimetière Subeixi


L'ancien cimetière de Jiayi appartenait probablement à la culture Subeixi, d'après les analyses d'anciens pots en terre cuite trouvés dans certaines des tombes. Les Subeixi ont été les premiers hommes connus à avoir vécu dans le bassin aride de Tourpan, il y a environ 3000 ans.

En tout, les archéologues ont découvert 240 anciennes tombes, dont celle de l'homme avec le linceul de cannabis (tombe M231). Les restes du défunt, un caucasien d'environ 35 ans, reposaient sur un cadre de lit en lattes de bois. Sa tête reposait sur un oreiller fait de roseaux communs et la tombe était remplie de pots en terre cuite.

Mais, plus étonnant, "13 plantes de cannabis presque entières étaient disposées en diagonale sur le corps du défunt comme un linceul, avec les racines et les parties basses des plantes rassemblées et placées sous le pelvis" ont écrit les chercheurs.

La tombe Jiayi, M231 (a). Vue rapprochée du cannabis dans la tombe (b). Un dessin montrant le contenu de la tombe, dont des pots de terre cuite intacts (1 à 4); des pots brisés (5 à 7), les plantes de cannabis (8); des fragments d'oreiller (9); et des herbes sauvages (10) (c). La couche inférieure de la tombe avait un cadre de lit en bois et un oreiller en roseau (d). Credit: Hongen Jiang et al. Economic Botany. 2016.

Les plantes étaient longues d'environ 49 à 90cm et arrivaient juste en-dessous du menton de l'homme sur la gauche de son visage. Des fruits non matures sur les plantes de cannabis suggèrent qu'elles ont été déracinées à la fin de l'été, ce qui indique que le défunt a été enterré en fin août ou début septembre.

Bien que la tombe date entre 2400 et 2800 ans, d'après les analyses au radiocarbone, le cannabis est resté intact en raison de la sècheresse de la région. Il peut s'écouler des années avant qu'il ne pleuve.

Les dépôts fluviaux, comme le sable et les cailloux, ainsi que les restes anciens de plantes aquatiques, dont des prêles et roseaux, indiquent que l'ancien cimetière de Jiayi se trouvait près d'une rivière.


La tombe M231 est la seule ancienne sépulture contenant du cannabis. 


Il existe un autre cimetière Subeixi dans le bassin de Tourpan, appelé cimetière Yangha; il remonte aussi au premier millénaire avant JC selon une étude datant de 2006. L'une de ses sépultures avait une grande quantité de fleurs de cannabis traitées dans deux récipients: un panier en cuir enroulé et un bol en bois. Ils reposaient près du corps d'un homme.

La tombe ne contenait aucune trace de vêtements de chanvre ou de corde, qui était faits en plantes de cannabis. Au contraire, les grosses graines de la plante et la forte présence de cannabinol (un produit dégradé du tétrahydrocannabinol psychoactif de la plante, ou THC) suggèrent que le cannabis était utilisé comme substance psychoactive.

Une autre ancien tombe du cimetière de Yanghai contenait des têtes de fleur de cannabis, indiquant que les habitants devaient les utiliser à fin médicinale.

Les archéologues ont aussi trouvé du cannabis dans des tombes de la culture Pazyryk dans le sud de la Sibérie, où il y a aussi des traces de plantes à "usage rituel si ce n'est psychoactif"

Les spécialistes ont aussi découvert la plante dans la tombe tombe d'une femme de la culture Pazyryk dans l'Altaï; elle était morte d'un cancer du sein et utilisait probablement le cannabis pour faire face aux symptômes.

D'après les chercheurs, il semble que "l'usage du cannabis à titre médicinal, et probablement spirituel, ou du moins rituel, était une coutume répandue parmi les habitants de l'Eurasie Centrale au cours du premier millénaire avant l'ère chrétienne".

Source:
Live Science: "2,500-Year-Old Burial Hints at Ancient Cannabis Use"

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1.30.2017

Le butin de chaussures romaines de Vindolanda

À Vindolanda, une petite garnison, composée de quelques centaines de soldats et de leurs familles, s'était abritée derrière une série de grands fossés et remparts, alors qu'à l'extérieur des murs une guerre faisait rage entre les tribus britanniques du nord et les forces romaines.

Lorsque la guerre prit fin (en 212 après JC), les troupes et les civils sortirent du fort, et tout ce qu'ils ne purent prendre avec eux sur la route fut jeté dans les fosses défensives. Les ordures ont été rapidement enfouies lorsqu'une nouvelle cité romaine et un fort furent construits sur le site; du coup cela les a conservés dans un environnement privé d'oxygène empêchant les ravages du temps, de la rouille et de la pourriture.

En 2016, les archéologues de Vindolanda ont fouillé la fosse et découvert une incroyable capsule temporelle de vie et de conflit. Parmi les débris il y avait les squelettes d'un chien et d'un chat, des poteries, du cuir et 421 chaussures romaines.

Le butin de chaussures romaines de Vindolanda

Le butin de chaussures romaines de Vindolanda
Sandale romaine. Photo Credit : Vindolanda Trust

Les visiteurs qui ont eu la chance de venir sur le site de Vindolanda l'été dernier ont pu voir avec émerveillement comment les chaussures étaient mises au jour, une par une, dans la fosse; chacune étant une fenêtre sur la vie de la personne qui l'avait portée à un moment donné:  des bottes pour bébés, des petites chaussures d'enfants, d'adolescents, des bottes de femmes et d'hommes, des sabots de bain, des chaussures d'intérieur ou d'extérieur...

 Ce qui a été découvert représente peut-être plus d'une chaussure pour chaque personne qui a vécu dans le fort de Vindolanda à cette époque. Le Dr Andrew Birley, directeur général du Vindolanda Trust et directeur des fouilles, est ravi de ce qu'il appelle "un recensement démographique incroyable et sans précédent d'une communauté en conflit il y a deux millénaires. Le nombre de chaussures est fantastique tout comme leur diversité, même pour un site comme Vindolanda qui a produit plus de chaussures romaines que dans n'importe quel autre site de l'Empire Romain"

Cette découverte donne aussi une indication de la mode et de l'affluence des occupants en 212 après JC avec certaines des chaussures très élégantes et bien faites, aussi bien pour adultes que pour enfants.

Le butin de chaussures romaines de Vindolanda

Une chaussure mise au jour. Photo Credit : Vindolanda Trust

Les chaussures sont conservées sur place avec un bâtiment spécifiquement adapté pour faire face à la quantité découverte. La conservatrice du site, Barbara Birley, fait remarquer que "le volume de chaussures a été un défi pour le laboratoire, mais avec l'aide de volontaires, nous avons créé un espace spécifique pour la conservation des chaussures et le processus est maintenant bien avancé. Le Vindolanda Trust est engagé dans les fouilles, la préservation et l'exposition publique de ses découvertes, bien que chaque chaussure coûte 80 à 100 livres (90 à 120€) en conservation. Trouver autant de chaussures cette année a entraîné des coûts supplémentaires significatifs pour le laboratoire".



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1.24.2017

Des tombes chrétiennes mégalithiques en Pologne

Dix tombes monumentales remontant à plus de mille ans ont été mises au jour par des archéologues dans le village de Sasiny (voïvodie de Podlachie) en Pologne.

Bien que, par leurs formes, elles ressemblent à des tombes néolithiques, ce sont des chrétiens qui y sont enterrés, rapporte l'archéologue Dr Michał Dzik.

Des tombes chrétiennes mégalithiques en Pologne
Reconstruction de la tombe sur le site de sa découverte. Photo by M. Dzik

Le cimetière de Sasiny est situé dans l'est de la Pologne, sur les hauteurs de Drohiczyn. Lors des XIème à XIIIème siècle, lorsque les morts étaient enterrés à cet endroit, la région, qui était frontalière, passait de main en main: à certains moments elle était sous l'autorité des princes de Piast, à d'autres moments, sous celle des princes Rous.

"Tous les membres de la communauté locale ont été enterrés dans le cimetière étudié; aussi bien les pauvres que les riches, et même l'élite. Les rites funéraires étaient les mêmes pour tous. Chacun des défunts était placé dans une grande structure funéraire, dont les bords étaient marqués par de gros rochers" explique le Dr. Michał Dzik, de l'Institut d'Archéologie de l'Université de Rzeszów et chef des fouilles à Sasiny.

Les tombes examinées par les archéologues ont des contours presque rectangulaires. L'espace entouré de rochers, dont certains pèsent une demi-tonne, a été rempli de plusieurs couches de pavés, qui recouvraient le défunt placé dans un cercueil en bois, ou recouvert d'un linceul.

Ces structures ont une dimension importante: en moyenne 5 x 3.5 mètres.

Selon l'archéologue, le cimetière servait à la communauté locale et les tombes inhabituelles sont le résultat de l'évolution des coutumes funéraires locales. D'après d'autres hypothèses, la forme de ces tombes a pu être introduite dans la région par des colons de Mazovie, ou par des guerriers d'origine scandinave.

"La plupart des tombes que nous avons découvertes étaient partiellement détruites, mais les résultats des recherches se sont avérés être très intéressants. Les corps dans les tombes n'ont pas été perturbés" explique le Dr Dzik.


Des tombes chrétiennes mégalithiques en Pologne
Fouilles dans le cimetière de Sasiny. Photo by M. Dzik

Le cimetière est unique car il y a très peu de sites similaires qui ont survécu jusqu'à notre époque. En effet, en Mazovie et Podlasie, la population locale a récupéré les pierres comme matériau de construction.

"Il est aussi surprenant que des Chrétiens aient été enterrés ici (...), alors que prédominaient des cimetières plats avec des fosses communes en voïvodie de Grande-Pologne et de Petite-Pologne à cette époque" ajoute le Dr Dzik. D'après le chercheur, bien qu'au XI-XIII siècle le christianisme était déjà introduit à la frontière de la Pologne et de la Rous' de Kiev, de nombreuses coutumes païennes anciennes ont continué de persister. L'une d'elles pourrait être à l'origine de la forme des tombes.

"Dans la seconde moitié du XIème siècle, la crémation est devenue de moins en moins courante. A la même époque, les tumulus avec des structures en pierre en-dessous n'étaient plus construits. Nous pensons que la raison provenait des interdictions introduites avec la diffusion du christianisme. A la même période, les tombes avec des enceintes en pierre sont devenues très populaires, mais sans tertre funéraire" ajoute le chercheur.

Lors des examens des tombes individuelles, les archéologues ont découvert des traces de coutumes funéraires remontant aux époques pré-chrétiennes, comme les feux faits à l'intérieur des tombes avant de les remblayer, ou des fragments de vaisselle brisées placés près du défunt, peut-être celle utilisée pendant les veilles.

Le Dr Dzik doute de la présence de prêtres chrétiens lors des cérémonies funéraires dans des nécropoles similaires, ce qui a pu contribuer au fait que les anciennes coutumes ont persisté.

De nombreux ornements découverts près des défunts ont attiré l'attention des archéologues, dont des dizaines de perles en verre, des anneaux de tempe en argent ou plaqué en argent, des pendentifs en forme de croissant de lune avec une croix... Les objets découvertes indiquent qu'au moins certains des défunts ont été enterrés dans des tenues riches, probablement festives.

Des tombes chrétiennes mégalithiques en Pologne
Sélection d'ornements découverts dans l'une des tombes de femme. Photo by M. Dzik

"Certains des ornements ont été faits avec beaucoup de précision, à l'aide de techniques de bijouterie complexes. On pourrait trouver cela surprenant qu'une communauté que l'on considérait vivre en marge du monde avait une culture matérielle aussi élevée" note le chercheur.

Le cimetière de Sasiny a été découvert deux fois: la première fois, c'était dans les années 1960. A cette époque, il avait été étudié par les amoureux des antiquités. Puis il fut oublié jusqu'en 2009.

Les premières fouilles officielles ont eu lieu en été 2016 seulement.

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1.19.2017

Un archéologue pense avoir découvert la cité de Trellech

Le premier indice a été fourni par les taupes: alors qu'elles creusaient sous le champ d'un agriculteur près de la frontière entre l'Angleterre et le pays de Galles, elles ont fait remonter des fragments de ce qui était une poterie médiévale. 

Un archéologue pense avoir découvert la cité de Trellech
Aperçu des fouilles. Photo: Wales News Service

Quelque temps plus tard, Stuart Wilson, diplômé en archéologie et travaillant dans une cabine à péage, fit le pari d'acheter le terrain. Au cours des 15 années qui ont suivi, lui et un groupe de volontaires ont soigneusement déterré ce qu'ils pensent être les restes d'une grande cité médiévale.

Lorsque le temps s'améliorera, lui et ses collègues continueront leur travail sur le site, en se concentrant plus particulièrement sur ce qu'il dit être le squelette d'une maison de maître.

Il a demandé une autorisation pour planifier un centre d'interprétation afin de raconter aux visiteurs l'histoire de la cite perdue de Trellech, ainsi que pour un camping pour les touristes et les bénévoles.

Après avoir fait face pendant des années au scepticisme de certains membres de la communauté archéologique, il est maintenant écouté avec attention. En fin d'année dernière, il a été invité par la Société Archéologique de Cardiff pour faire un discours à l'Université de Cardiff.

Wilson a expliqué que sa décision d'acheter la propriété était justifiée: "les gens pensaient que j'étais fou et que j'aurai vraiment dû acheter une maison plutôt qu'un champ. Mais il s'est avéré que cela a été la meilleure décision de ma vie. Je ne regrette rien du tout."

Au début du siècle, des archéologues professionnels bien équipés ont essayé de découvrir les restes de la cité mais en se concentrant sur le village moderne de Trellech, du côté gallois de la frontière entre Tintern et Monmouth.

En 2002, cependant, un fermier rapporta à la Société Archéologique de Monmouth avoir découvert une poterie dans une taupinière sur ses terres à l'extérieur du village. "J'y suis allé pour jeter un œil" a expliqué Wilson. Il a étudié le site et en quelques minutes a trouvé ce qu'il pensait était les restes d'un mur. Deux ans plus tard, les deux hectares de terrain ont été mis en vente et Wilson l'acheta.

"Des personnes plus expérimentées disaient que la cité n'était pas à cet endroit, mais j'étais jeune et confiant" continu-t-il, "Si j'avais vu juste, la rue principale était directement là dans le champ. C'était une opportunité magnifique."

Wilson quitta son travail afin de se concentrer sur les fouilles. Au cours des années qui suivirent, il estime qu'environ un millier de personnes l'on rejoint, depuis des étudiants en archéologie jusqu'aux personnes intriguées des environs.

Il dit avoir repéré jusqu'ici huit bâtiments, ajoutant: "nous découvrons, bâtiment après bâtiment après bâtiment...". Un manoir, qui devait avoir deux salles et une cour, et peut-être la découverte la plus spectaculaire, mais Wilson est quant à lui enthousiasmé par un puits qui a été déterré contenant des morceaux de bois, des ossements et du cuir.

D'autres restes découverts comprennent des morceaux d'une cruche, de plats à cuisson, des foyers et des égouts.
Un archéologue pense avoir découvert la cité de Trellech
Un des artéfacts mis au jour sur le site. Photo: Wales News Service

L'une des plus belles découvertes l'année dernière était plus ancienne: un ensemble d'outils pour la taille de silex remontant probablement à la période néolithique.

D'après Wilson, la cité devait abriter environ 10000 personnes, peut-être un quart de la population de Londres à la même époque. Il précise que l'implantation a été fondée par la famille De Clare, au 13ème siècle, pour fabriquer des armes, armures et autres équipements militaires.

Les ouvriers agricoles ont été tentés par la ville et la perspective d'un emploi plus lucratif. "Ceux qui travaillaient dans les champs vivaient au jour le jour, c'était une vie très difficile" ajoute-t-il, "et soudain, une grande ville industrielle s'installait là, c'était alors une grande opportunité."

 La plupart des bâtiments, selon Wilson, semblent dater de la période où la ville a été réorganisée et construite en pierre, suite aux attaques des forces anglaises et galloises. Des traces de l'ancienne ville ont été trouvées en-dessous de certains des bâtiments, et l'occupation du site aurait débuté une centaine d'année avant ce renouveau.


La cité n'est pas restée longtemps un centre important. 


Elle a été attaquée par les ennemis des De Clare et ravagée par la maladie. Au cours des siècles suivants, des combattants menés par le chef gallois Owain Glyndŵr ont frappé Trellech qui est alors tombée en ruines.

Le projet de Wilson a été onéreux. Il estime que cela a dû coûter environ 230000€ sur 15 ans. Il a été financé par des donations individuelles, ainsi que par des activités commerciales comme les "journée découvertes" et une boutique en ligne vendant des documents historiques.

Pour Wilson, la mise au jour de la cité de Trellech sera le travail de sa vie. "Je pense que nous n'avons découvert que 0.1% du site" estime-t-il.

Cette année, la saison de fouilles commencera au printemps, et les étudiants et volontaires sont invités à s'inscrire pour participer, sachant que des fouilles importantes auront lieu en Juillet et Août.

Voici une vidéo sur le site et les fouilles:
 

Merci à Audric pour l'info !


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1.16.2017

Une carte sur une pierre, vieille de 5000 ans, découverte au Danemark

MAJ 21/01/17
Une mystérieuse pierre découverte dans un fossé sur l'île de Bornholm par des étudiants archéologues au cours de l'été dernier, s'est révélée être une carte vielle de 5000 ans.

La pierre a été mise au jour lors des fouilles archéologiques du tombeau du néolithique de Vasagård.

Une carte sur une pierre, vieille de 5000 ans, découverte au Danemark
La pierre a été trouvée brisée en deux avec une petite partie manquante. Photo: Skalk


La pierre a été étudiée par les chercheurs du Musée National du Danemark. Contrairement à d'autres découvertes similaires, Flemming Kaul, archéologue et chercheur principal du Musée National, est presque certain que la pierre ne montre pas le soleil et ses rayons, mais affiche les détails topographiques d'une coin de nature de l'île telle que c'était entre 2700 et 2900 avant JC.


Des pierres rituelles


Pour Kaul, la pierre n'a aucun parallèle connu. Au cours des dernières années, les fouilles à Vasagård ont révélé plusieurs pierres portant des inscriptions avec des motifs rectangulaires remplis avec différentes rangées de lignes et ombrages. "Certaines des lignes peuvent être la reproduction d'épis de blé ou de plantes à feuilles" ajoute Kaul, "ce ne sont pas des rayures accidentelles; les pierres sont comme des cartes montrant les différentes sortes de champs".

La récente pierre découverte n'est pas complète; elle est en deux parties et l'une d'elles reste manquante.

Les archéologues supposent que les pierres étaient utilisées lors de rituels à l'âge de pierre.


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1.12.2017

Douze anciens sites funéraires égyptiens découverts à Assouan

Une mission archéologique égypto-suédoise de l'Université de Lund a mis au jour une douzaine de sites funéraires près de la ville d'Assouan, remontant à presque 3500 ans lors de la période du Nouvel Empire.

Douze anciens cimetières égyptiens découverts à Assouan
L'entrée des tombes. Photo: ahramonline

Les restes humains et animaliers ont été trouvés dans les cimetières découverts dans la région de Gebel Silsileh (ou Montagne de la Chaîne) à 65km au nord d'Assouan. Ces sites devaient être utilisés sous les règnes des pharaons Thoutmôsis III et Amenhotep II.

La mission suédoise, menée par Maria Nilsson et John Ward, a trouvé en 2015 une série de tombes situées sur la rive est au nord de Gebel Silsileh, dans la zone immédiatement au nord de la célèbre stèle du roi Amenhotep IV, et s'étendant vers l'ouest jusqu'au Nil.

"Alors que des tombes avaient été décrites par des visiteurs sur le site, aucune enquête exhaustive, ni aucun travail archéologique approprié n'avait été mené jusqu'à 2015" rapporte Nilsson, ajoutant qu'au cours de l'étude initiale, 43 tombes ont été identifiées, et 5 tombes ont été choisies pour les débarrasser du sable et d'une couche de sel dommageable afin d'étudier leur état de conservation.

On espère que ces sites funéraires aideront les historiens à mieux comprendre les soins médicaux dans l'ancienne Egypte, et stimulera l'industrie touristique dans le pays.

Des squelettes et restes d'animaux visibles ici dans l'un des 12 cimetières récemment découvert dans la région de Gebel Silsileh. Photo: The Ministry of Antiquities/Handout via Reuters

En plus des tombes en elles-mêmes, les fouilles ont révélé des sarcophages de grès finement décorés, des poteries funéraires sculptées et parfois peintes, des cartonnages peints, des emballages textiles et organiques, des récipients et plats en céramique, ainsi qu'une collection de bijoux, amulettes et scarabées. Des totems et scorpions ont aussi été découverts.

L'expédition de l'université suédoise de Lund a commencé en 2012. En 2015, elle a découvert les restes d'un temple, également à Gebel Silsileh.

Les analyses préliminaires ont révélé plusieurs corps complets ainsi que des signes de malnutrition et des os brisés résultats d'un travail laborieux. De prochaines études sont attendues afin de révéler les rangs sociaux de ceux qui ont été enterrés ici et pour savoir à quel but exactement servaient les cimetières découverts.


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1.09.2017

Découverte d'une nouvelle espèce de bison confirmée par l'art rupestre

Voici la traduction de l'article d'Alan Cooper, directeur au Centre Australien pour l'ADN Ancien, Université d'Adelaïde, et Julien Soubrier, chercheur en paléogénomique à l'Université de d'Adelaïde.

*** *** ***
Il y a plus de 30000 ans, les premiers artistes, dans ce qui est aujourd'hui le sud-ouest de la France, se sont aventurés profondément dans les grottes en calcaire où ils ont peint des fresques élaborées et détaillées des immenses animaux qui dominaient leur vie.

Découverte d'une nouvelle espèce de bison confirmée par l'art rupestre
Bison européen moderne dans la Forêt de Białowieża, Pologne. Photo: Rafał Kowalczyk 

L'exactitude des représentations est remarquable (bien mieux que ce que la plupart d'entre nous pourrait réaliser), sachant qu'ils étaient accroupis sous un mur humide incliné avec pour seule lumière celle d'amas flamboyants de végétaux et de graisse.

Leurs peintures listent un monde fait de lions des cavernes, de bisons et de chevaux, que nous ne commençons seulement à découvrir grâce aux technologies combinées de l'ADN ancien et de la datation au radiocarbone.

Les résultats montrent que malgré l'étude de l'art pariétal depuis des centaines d'années, nous avons été aveugles à certaines des histoires les plus importantes que nous racontaient les artistes.

Notre recherche en est un exemple (voir l'article paru à ce sujet dans Nature Communications: "Early cave art and ancient DNA record the origin of European bison"): nous avons étudié l'ADN ancien d'ossements fossilisés pour déduire l'existence d'une nouvelle espèce de bison... et pour nous rendre compte qu'elle avait déjà été dépeinte sur les murs des grottes à travers l'Europe, comme dans la grotte de Niaux dans le sud-ouest de la France il y a 17000 ans.


L'ADN lance l'hypothèse d'une nouvelle espèce


En 1999, nous avons commencé à étudier l'ADN d'anciens ossements de Bison trouvés à travers l'hémisphère nord, où le bison des steppes s'étendait de la Grande-Bretagne moderne jusqu'au Mexique à la fin de l'ère glaciaire

Notre but était d'étudier l'impact du changement climatique sur les populations animales, et assez vite nous avons remarqué qu'en Amérique du Nord, les populations de bison se sont effondrées aux alentours du dernier maximum glaciaire (entre 18000 et 21000 ans). C'était bien avant l'arrivée des hommes dans cette région du monde, et c'était la première démonstration claire du rôle clé joué par le changement climatique dans l'extinction des bisons, avec une variété d'autres grandes espèces que l'on appelle la "mégafaune".

Nous avons depuis étendu cette étude à l'Amérique du Sud, pour découvrir que des événements de réchauffement rapide ont été un facteur critique dans la disparition de nombreuses espèces de la mégafaune, souvent avec une touche finale importante apportée par les chasseurs humains.

En Europe, cependant, nos premières études d'ADN ancien de bison nous ont rendus perplexes. En étudiant l'ADN mitochondrial, qui est hérité exclusivement par la lignée maternelle, nous avons réalisé que de nombreux ossements ne provenaient clairement pas du bison des steppes, bien que l'on pensait qu'il s'agissait de la seule espèce à avoir vécu en Europe il y a plus de 10000 ans.

Au contraire, nous avons réalisé que nous observions quelque chose de nouveau: une espèce éloignée des bovins actuels et du bison européen moderne, qui survit dans quelques forêts protégées d'Europe, en particulier la Forêt de Białowieża entre la Pologne et la Biélorussie.

Découverte d'une nouvelle espèce de bison confirmée par l'art rupestre
La génétique et l'art pariétal ont révélé l'hybridation asymétrique entre un aurochs femelle et un bison des steppes mâle. La descendance hybride masculine est stérile, et la descendance femelle a frayé avec le bison des steppes pendant plusieurs générations, peut-être avec le même mâle.

Le bison d'Europe peu connu est remarquable: c'est la plus grande espèce d'Europe, mais avec des données fossiles qui remontent seulement jusqu’à 10000 ans. Il a frôlé l’extinction après la Première Guerre Mondiale après l'effondrement des zones de chasse imposées par les royautés polonaise et russe. En effet, les troupeaux modernes sont issus de seulement 12 individus, dont un mâle du Caucase, où le dernier bison sauvage a été abattu en 1927.

Etant donné que l'ADN de nos anciens ossements ne provenaient ni du bison des steppes ni du bison d'Europe, il semblait que nous ayons trouvé une nouvelle espèce. Nous avons commencé à l'appeler le "Bison de Higgs", car, comme le boson de Higgs insaisissable que les physiciens ont traqué pendant des décennies, nous avions supposé l'existence de quelque chose sans savoir à quoi cela ressemblait.


Sur la piste du Bison de Higgs


La première chose que nous avions besoin de faire était de confirmer que notre ADN mitochondrial corresponde à l'ADN nucléaire, qui est plus difficile à récupérer dans les anciens ossements mais qui contient tous les aspects de l'ascendance, pas seulement l'héritage maternel.

L'ADN nucléaire a montré que notre bison de Higgs était hybride, un croisement entre un auroch femelle, l'ancêtre sauvage éteint du bétail moderne, et d'un bison des steppes mâle. Nous avons daté cette hybridation à plus de 120000 ans. Fait intéressant, cette ascendance était la même pour le bison européen moderne, et, même si l'ADN mitochondrial avait l'air différent (probablement en raison du goulot d'étranglement génétique récent de la population), le bison de Higgs s'est révélé être l'ancêtre du bison d'Europe.

Nous ne savons pas où ni pourquoi s'est produit l'hybridation originelle, mais la reproduction récente entre ours polaires et ours bruns en réponse aux contractions de l'aire de répartition induites par le climat nous donne un indice et laisse supposer que le changement climatique a pu jouer un rôle.

Les progénitures mâles nées de l'union de l'auroch et du bison des steppes étaient stériles, comme cela est commun pour les mammifères hybrides. En conséquence, plusieurs générations de femelles ont frayé avec les bisons des steppes mâles, ce qui a donné une ascendance génétique avec 10% d'aurochs et 90% de bison des steppes.

Après cet échange initial entre les espèces parentales, le bison de Higgs a continué seul le chemin, survivant aux 120000 années à venir, à l'arrivée de l'homme moderne, aux extinctions de la mégafaune, à la Première Guerre Mondiale et à la révolution communiste...

Mais, bien que nous sachions maintenant que le bison de Higgs est devenu le bison d'Europe, nous n'avions pas réellement trouvé d'autres données sur le bison de Higgs lui-même.


Nous avons donc demandé à nos collègues européens si quelqu'un avait remarqué un bison étrange dans leurs données.


Deux groupes ont répondu positivement.

Les collègues hollandais ont rapporté que parmi les nombreux ossements de bison des steppes et d'aurochs dragués dans la Mer du Nord, ils ont noté un autre animal plus petit, moins commun.

Entre-temps, les chercheurs français dans l'art pariétal ont répondu qu'ils avaient remarqué que parmi les dessins des grottes il y avait deux formes distinctes de bison: un en forme de coin avec de grandes cornes, ressemblant au bison américain moderne, et un animal plus uniforme avec de petites cornes, comme le bison européen.

La datation au radiocarbone de l'art rupestre a montré que la figure en forme de coin a été dessinée lorsque le bison des steppes était présent dans le paysage (il y a environ 18000 ans), alors que la version avec des petites cornes a été dessinée lorsque notre nouvelle espèce dominait l'Europe (à partir de 17000 ans)

Chaque espèce semble avoir régné en Europe pendant de longues périodes de temps, en alternance selon les grands changements climatiques. Dans l'ensemble, cette étude a suscité de nombreuses surprises. Apparemment, les mammifères peuvent former de nouvelles espèces par hybridation, même si ce n'est que rarement. Cela montre aussi que malgré les immenses données fossiles sur le bison, et les dessins utiles des deux espèces sur les murs des grottes, il nous a fallu jusqu'à maintenant pour avoir l'histoire complète.

On peut se demander combien d'autres espèces se cachent encore à pleine vue, utilement catalogués par les artistes des grottes préhistoriques...



Relecture par Digitarium.fr

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